Le dragon du lac de feu

Le dragon du lac de feuUn monstrueux dragon règne sur la région, exigeant pour rester calme, le sacrifice de jeunes vierges. Le jeune Galen décide de supprimer cette bête horrible. Pour la terrasser, il n’a que sa lance… et toute la magie des forces naturelles. Aventure, magie, mystère, suspense et angoisse sont les ingrédients de ce film. Fortement inspiré de la légende du roi Arthur, tant pour les décors que pour les personnages, « Le dragon du lac de feu » est néanmoins une assez bonne réussite du genre. Les effets spéciaux – sont impressionnants, surtout lors du combat final. Mais le scénario est franchement très, très léger : il a la forte odeur du « déjà vu » Malgré tout, pourquoi ne pas se laisser tenter, un après-midi de pluie, et si « Excalibur » n’est pas disponible ?

10 magnétoscopes analyses et compares

Avec les fêtes de fin d’année arrive la période des cadeaux. Ceux que l’on offre à sa famille et ceux que l’on s’offre amoureusement. Alors pourquoi ne pas se payer un magnétoscope ou changer le sien pour un appareil plus récent.magnétoscopes Dans les trois format (VHS, Béta et V2000), les fabricants proposent aujourd’hui des appareils fiables avec des caractéristiques suffisantes pour la plupart des usages. Au-delà des choix techniques, il faut se rappeler que seul l’usage de votre futur appareil peut réellement déterminer le type de magnétoscope qui vous convient le mieux. Si, jusqu’à maintenant, toutes les études démontrent que la première motivation pour l’achat d’un magnétoscope est l’enregistrement des programmes de la télévision, il est bon de savoir aussi qu’à partir d’un certain temps (en général quelques mois) la boulimie de l’enregistrement fait très vite place à la lecture de programmes préenregistrés. Tous les vidéoclubs dignes de ce nom sont aujourd’hui capable d’offrir à leurs adhérents un choix de films dont on ne soupçonnait pas, il y a quelques mois encore, la richesse. Il faut aussi préciser que la duplication a progressé de manière spectaculaire.

Tron

Tron« Tron » est une grande première dans le domaine commun du cinéma et de l’informatique. Le film permet de découvrir une image recomposée et coloriée par ordinateur. C’est superbement beau, parfait et net comme n’importe quelle vue d’univers en trois dimensions. La technique est simple. On filme d’abord des acteurs vêtus de costumes blancs sur un fond noir. Puis on les intègre dans un décor imaginé par des artistes futuristes comme Jean-Moebius-Giraud ou Syd Mead (« Blade runner »), mais reconstruit autour des acteurs par l’ordinateur. L’histoire, comme presque toujours chez Disney, est un peu simpliste. Flynn est un petit as de l’informatique. Mais il sait que les programmes qu’il crée sont volés par son ancien patron, l’odieux Dillinger. Pour mettre en échec ledit Dillinger, Flynn interroge l’ordinateur. Un coup de laser désintégrateur et le voilà projeté dans le monde microscopique des circuits intégrés. L’intérieur de la machine est plutôt du genre délire. C’est le nouveau western dans l’infiniment petit. Les programmes, à l’image de leur concepteur, se font la guerre pour le pouvoir. Ils ont des armes et des véhicules insufflés dans les circuits intégrés lors de programmations de jeux vidéo ou de simulations d’objets (comme ce très beau voilier solaire qui porte Flynn et son copain Tron vers la victoire).Tous ces mots compliqués ne doivent surtout pas affoler le néophyte. Même les pas scientifiques-pour-deux-sous, comme moi, comprennent tout. Ce n’est rien de plus que « Les sept mercenaires » version « Guerre des étoiles », mais avec les apports visuels de la vidéo et de l’informatique. L’expérience est réussie. C’est peut-être la porte ouverte sur une nouvelle forme de cinéma.

Le trou noir

La science-fiction selon le goût du jour et les studios Disney. Le « Trou noir » c’est le néant qui aspire les planètes, les étoiles et toute forme de vie, et menace le vaisseau spatial Palomino. Aventures, suspense, humour et mystère, tels sont les ingrédients de ce film un peu kitsch et désuet, sorti en France, il y a environ deux ans.

Les yeux de la forêt

Parce qu’ils cherchaient une maison à louer, un couple et ses deux filles vont se trouver plongés au cœur d’une aventure terrifiante. C’est dans une superbe vieille demeure avec une propriétaire étrange et inquiétante que Vanne, la fille aînée, est victime de phénomènes inexplicables : la vision d’une jeune fille appelant à l’aide, des courants d’air soudains, des sons et d’étranges clartés qui semblent s’échapper de la forêt, et surtout des vitres et miroirs qui se brisent sous son regard. Avec « Les yeux de la forêt » les productions Walt Disney signent pour la première fois (à l’exception du « Trou noir », film de science-fiction plus gentil que terrifiant), un film fantastique qui ne manque pas d’user de tous les artifices du genre pour effrayer. John Hough, le réalisateur, a su, avec une certaine subtilité, utiliser à fond l’ambiguïté de ses personnages, comme pour mieux désarçonner le spectateur. C’est dans le monde mystérieux de la parapsychologie qu’évoluent les différents héros de cette histoire où la forêt tient un rôle majeur. La photographie en demi-teintes contribue encore plus à créer une atmosphère lourde et poignante. Signalons que malgré le label Walt Disney, ce film est à déconseiller aux jeunes enfants.

L’autre visage

Depuis plus d’un demi-siècle, Walt Disney symbolise l’univers du rêve enfantin. Il a su transformer en images, d’un coup de baguette magique… et de crayon, les contes qui ont bercé chacun de nous au matin de la vie. Souvenons-nous de Cendrillon, Blanche Neige ou la Belle au Bois dormant. Disney, c’est aussi le monde des animaux comme chaque enfant l’imagine. Les lapins dansent, les souris chantent et les chiens tombent amoureux. « Bambi », « Les 101 Dalmatiens », « La Belle et le clochard » sont autant de films qui nous entraînent dans cette faune imaginaire. En 1966, le génie du dessin animé meurt et tous ses personnages sont en deuil. Mais Walt Disney Productions poursuit sa mission. Et les héritiers vont jouer sur deux tableaux, le dessin animé de pur « style Disney » (« Le livre de la jungle », « Les aristochats » et « Bernard et Bianca »), mais également les films d’action qui suivent l’évolution technologique, la mode. Ces productions, on peut le penser, cherchent plutôt à atteindre un public d’adultes. Avec « Les yeux de la forêt », la féerie devient sorcellerie et le rêve se transforme en cauchemar. « Le dragon du lac de feu » se rapproche plus de « Dar l’invincible » que de la bande à Mickey. Quant au « Trou noir » c’est le symbole de la mythologie récente des héros de l’espace, le « space-opéra » dans toute sa splendeur. Mais c’est sûrement « Tron » qui traduit le mieux l’évolution technologique suivit par Walt Disney Productions. L’utilisation de l’informatique y est des plus poussée puisque deux cents peintres, vingt informaticiens et vingt-six opérateurs ont travaillé sur l’ouvrage. Disney a dit un jour : « Je ne veux pas faire des films pour enfants, mais des films qui plaisent aux enfants ». Cette philosophie a donné naissance à des personnages intemporels (jamais démodés), aux traits ronds et évoluant dans un monde sécurisant. Aujourd’hui, cet univers est quelque peu bouleversé. Chez WDP on tient désormais compte de « l’actualité ». Mais ne nous inquiétons pas trop, les dessins animés ne sont pas abandonnés, loin de là. En cette fin d’année, nous allons tous (re)voir « Blanche Neige » et surtout découvrir « Le Noël de Mickey », une aventure inédite inspirée par Dickens.

La croix de vivre

D’un jardin à un autre. D’une prison de briques à une prison de feuilles. D’un premier documentaire, Un jardin en prison (vu sur Arte en février 2000) à ce nouveau film, Pouvons-nous vivre ici ?, une question traverse l’œuvre de Sylvaine Pourrel : comment fait-on pour vivre, lorsque tout, autour de vous, s’y oppose? Comment fait-on pour rêver lorsqu’un mur vous bouche la vue ? Comment fait-on pour manger lorsque rien n’est comestible? Comment fait-on pour espérer lorsqu’il faut se taire et attendre? Attendre que la mort qui rôde vous emporte, sans retour possible. Après donc un documentaire poignant sur des femmes détenues d’une prison de Rennes, qui n’ont qu’un petit jardin à cultiver comme échappatoire à leur condition, la réalisatrice s’est rendue en Biélorussie, dans une région forestière où poussent champignons et baies sauvages. Mais, de même que les prisonnières françaises ne pouvaient rien faire de leurs fleurs, les femmes biélorusses cueillent ces baies « sans pouvoir les manger, comme des prisonniers ». Les retombées du nuage radioactif de Tchernobyl ont été absorbées par 70 % des terres de la région. Sylvaine Pourrel suit le travail d’une équipe de chercheurs français qui tentent d’aider les paysans locaux à se prémunir contre les dangers des radiations. « La joie de vivre est absente ici », confie un habitant. La réalisatrice filme les discussions entre scientifiques et paysans malades, saisit la beauté grave de leurs visages gris et inquiets en même temps que celle de ces forêts noires et irradiées. Leur paradis perdu.

De cette thématique récurrente de l’impossible rédemption, de la quête d’une renaissance à la vie qui vous trahit, d’un monde coupé de tout, Pourrel tisse une œuvre sombre et magnétique. le bruit des feuilles dans ces arbres maudits ressemble au murmure de la mort dans un film de Bergman. Lorsqu’à la fin du film, les paysannes s’enfoncent dans la forêt, on devine qu’elles n’en reviendront pas. Les baies sauvages ne sont plus qu’un souvenir.

Guerilla girl

Madonna fonctionne aujourd’hui comme une usine à concept. Avec une naissance médiatique liée intimement à MTV (performance mythique de son Like a Virgin en 1983), Madonna a toujours joué avec son image, jonglant avec les rôles, coupes et couleurs de cheveux, poses et postures. Aux Madonna à la blondeur plus ou moins platine des 8o’S ont ainsi succédé des Madonna moins glamour dans les années 90. Puis le mysticisme a triomphé, et Madonna, devenue brune et orientale, a reconquis son public avec Ray of Light. Jouant des contrastes, elle retrouva ensuite avec Music un look plus « fun », cow-girl se déhanchant sur les beats de Mirwais … Cette année, avec la guerre, retour au sérieux. American Life peut se comprendre comme une tentative de repositionnement pour la star, critiquant l’Amérique de Bush. Pour amplifier son discours, la Ciccone a choisi un look au croisement du Che et de Patty Hearst. Cette dernière, petite-fille du magnat de la presse William Randolph Hearst, fut enlevée en 1974 par un groupuscule terroriste dont elle épousa finalement la cause, un béret vissé sur la tête, la mitraillette entre les mains. Béret que porte Madonna dans son clip, entourée d’une armée de filles ultra-bodybuildées, débarquant dans un défilé de mode . où les mannequins sont des enfants et des femmes irakiennes, jetés en pâture aux photographes et aux télés de la planète. Paroxysme de l’ambiguïté, Madonna envoie une trombe d’eau de son canon et balaie les médias en quelques secondes … Avant de lancer une grenade, qui tombe pile dans les mains d’un cravaté assis au premier rang: le sosie de George W. Bush.

La grenade s’avère en fait un briquet pour allumer le cigare du bonhomme. Mais la provocation a ses limites. Afin de ne pas porter atteinte au moral des troupes, alors en pleine intervention en Irak, Madonna a finalement décidé de ne pas diffuser le clip à la télé. Ne reste plus qu’à le chercher sur le Net…

Papa la pagaille

Quand on était môme, il était fatalement le héros: notre seule figurine Panini que les filles s’arrachaient, plus encore que celle de Rocheteau. Laurent paganelli avait notre âge, mais lui jouait à Geoffroy-Guichard quand on s’escrimait SUI des terrains en ciment. Il était ce plus grand espoir du football français que nous n’étions que dans nos rêves éveillés. On aurait payé cher pour marcher dans ses Adidas. Canal+, formidable centre de réinsertion sociale pour nos fixations ados, avait déjà massivement reconverti du côté de la rock-critic: Chalumeau.

Canal+

De Caunes, Manœuvre… De Domenech à Garde, d’anciens footballeurs sont également dignement passés de l’autre côté du micro. Mais le plus touchant demeure Paganelli, qui ne s’est jamais vraiment éloigné des terrains: il commente désormais depuis la touche, alpague les joueurs et les entraîneurs pour des interviews souvent surréalistes et turbulentes. Car si sa langue demeure chantante et malicieuse, elle ignore le bois: complice et solidaire du football, il repère tout, se place au niveau de la pelouse quand tant d’autres se contentent du niveau des pâquerettes. Alors que la plupart des commentateurs toisent les joueurs et leur linguistique récalcitrante de haut, Paganelli se situe toujours à hauteur d’homme, aide les mots à venir, les idées à se former. Là où d’autres se gargarisent d’expressions toutes faites, comme « lire le jeu », lui lit les joueurs: il envisage dans une grimace fugace une douleur fatale des adducteurs, sent l’impuissance morale dans un contrôle manqué. Ainsi, dans les vestiaires, il n’est jamais l’intrus: juste un copain qui visite et à qui on se confie. Avec son look improbable de chanteur de variété des années Maritie et Gilbert Carpentier, avec une générosité et une autodérision trop rares dans ce monde restreint, il ramène les footballeurs – et nous-mêmes- à l’innocence de l’enfance: castré de ses enjeux, le football redevient chez lui un jeu.

C’est mon choix : ailleurs, nulle part

Présenté comme un téléfilm, Où sont nos disparus? N’en est pas vraiment un puisqu’il a été projeté, et parfois primé, dans plusieurs festivals de cinéma internationaux {dont, récemment, le festival d’Annonay, en Ardèche, sous le beau titre Le Pays de nulle part}.
Il est d’ailleurs fréquent que ces longs métrages, à défaut d’une sortie en salles en France, soient diffusés sur Arte – ce qui, somme toute, leur assure un public plus important que s’ils étaient passés l’été sur deux écrans au Quartier latin. On est en tout cas ici en présence d’une véritable œuvre de cinéma, aux personnages complexes et à la narration assez éloignée des impératifs d’efficacité de l’écriture télévisuelle. Veysel, le fils unique de Sükran, une belle femme de 40 ans, guichetière à la gare centrale d’Istanbul, disparaît mystérieusement. Quelques années plus tôt, son mari avait déjà payé de sa vie son engagement politique. Même si cela n’est que sous-entendu, on comprend que tous deux militaient dans un parti kurde. Refusant de se résigner, Sükran se lance dans une difficile et périlleuse enquête qui la mène à Mardin, ville du Kurdistan turc proche des frontières syrienne et irakienne. Dans cet univers trouble – et fortement patriarcal-, où toute information est sujette à caution, où rien n’est jamais ce que l’on croit, elle va peu à peu perdre pied.
Inspiré de faits réels, et situé dans une zone particulièrement sensible en ce moment, le film commence comme un thriller politique seventies, façon Rosi, mais abandonne vite la simple dénonciation pour glisser dans une atmosphère d’irréalité et de menace latente. On est alors plus proche de Profession reporter d’Antonioni ou de Sous le sable d’Ozon, en plus engagé quand même. Ou de La Stratégie de l’araignée de Bertolucci, dans la manière de transformer son décor en espace mental. Le cinéma turc, en sommeil ces dernières années, pourrait bien tenir un futur grand cinéaste en la personne de Tayfun Pirselimoglu – un nom qu’on fera l’effort de retenir.

Jours de France

Le petit écran est le petit écrin d’Isabelle Giordano. Depuis qu’elle a terminé son CDD de Madame cinéma sur Canal+, Isabelle Giordano est redevenue une femme comme les autres.

Isabelle GiordanoC’est maintenant sur France 3, dans l’émission Le Fabuleux Destin de … qu’on peut la retrouver chaque soir à 20 h 20. « J’avais envie de travailler pour une chaîne que j’aime regarder », déclarait-elle à nos confrères de L’Humanité. Moi, je serais prêt à regarder n’importe quelle chaîne, et n’importe quel programme, pour la voir. Dans son émission, légèrement inspirée par Perdu de vue, Isabelle retrace le parcours d’une vedette bien de chez nous à partir d’une photo de classe. Il y a quinze jours, elle recevait Sheila, Annie Girardot, Lorie et le gros ouaf-ouaf de Bernadette Chirac. La semaine dernière, elle recevait le commissaire Moulin (Yves Rénier) et Marie Pervenche (Danièle Evenou). Avant, elle avait reçu Pierre Bellemare et Geneviève de Fontenay. Fini les interviews de stars américaines, les cocktails sur la Croisette, les reportages à Hollywood chewing-gum. Isabelle ressemble toujours à une beauté du 7e art (Charlize Theron, Romy Schneider, Pocahontas ?), mais elle ne croit plus aux mirages.

Le Fabuleux Destin de …, ce n’est pas du cinéma: c’est de la télé. Un gentil défilé d’ex-vedettes bien de chez nous, de retraités de l’ORTF, de liftings discount, de gagne-petit de l’audimat. Pas de la télé trash comme chez cette punkette d’Evelyne Thomas. Non, c’est de la télé des années 70, de la télé des familles, pleine de bons sentiments et de rondeur sympathique. C’était le bon temps, l’époque du magazine Jours de France et des vedettes convenables. Au moins, on n’est pas trompé sur la marchandise : la pouliche Isabelle est bien de la famille de la Poulain Amélie. Devant sa télé, papy pique du nez dans son assiette de potage aux vermicelles, bercé par le petit rire velouté d’Isabelle Giordano, aussi belle qu’une R8 Gordini. (Qui a dit: « Je monterais bien d’dans »?)