A Berlin, des robots tracent l’avenir

BerlinA dix mètres du mur, en plein secteur français, s’activent, depuis plusieurs mois, des automates bien propres, à l’abri de toute poussière. L’entrée n’est pas facile. Il faut franchir des sacs, revêtir une combinaison blanche. « Sehr korrect ! ». Nous sommes côté « libre », dans l’enclave occidentale. Un tel équipement technique financé par le « kapital » occidental, paraît défier les plans de développement économique établis de l’autre côté du rideau de fer (un mur de béton, en réalité, haut de trois mètres. Ces robots de Berlin-Ouest, tout rutilants de leur belle mécanique, sont des symboles. Ils matérialisent les grandes alliances de l’Occident industriel. A quelle technique de pointe peuvent-ils bien travailler ? A des matériels d’armement ou des équipements militaires ? Non, bien plus simple. Ils œuvrent au développement d’une industrie du spectacle, du loisir et de l’information : la vidéo. Font-ils partie d’une action de subversion capitaliste en direction des pays de l’Est ? Personne ne vous croira. Au-delà du mur, en République démocratique, les magnétoscopes arrivent seulement en boutique. Sur le Kurfürstendamm (les Champs-Elysées de Berlin-Ouest), les enseignes de vidéo s’illuminent à chaque coin de rue. A Berlin-Est, en revanche, la Karl-Marx-Strasse ne s’embellit encore que de points de vente « funk und fernseh » (radio et télé). Un vopo (volkspolizei) – qui n’aura d’yeux que pour votre sac plastique décorés de publicités en français et en couleur – vous expliquera que les magnétoscopes existent bien, mais coûtent quatre mois de salaire. Revenons en-deçà de Charlie-Check-Point, le passage obligé entre l’Est et l’Ouest, et voyons ce qui se trame dans cette zone industrielle du secteur français ; c’est le capitalisme planté au milieu de pelouses et d’arbrisseaux, entre le mur et une cité HLM de Maerkischen Viertel au Nord. Deux usines de vidéo flambant neuves y ont poussé comme des champignons. La première a été construite en 1979 par le groupe Telefunken, en association avec l’anglais Thorn Emi, en vue de fabriquer du matériel vidéo sous licence du japonais JVC. D’où son nom : J2T Vidéo. Elle emploie aujourd’hui 500 personnes au montage de magnétoscopes VHS : une capacité de production de 200 000 machines par an. L’investissement robotique est exemplaire : insertion automatique de composants, chaîne d’assemblage commandée par ordinateur. Cette usine revient, en fait, à un projet d’accord dit des « Trois T » (entre Thomson-Brandt, Thorn-Emi et Telefunken), un projet qui avait été remis en cause par la France, au lendemain du 10 mai 1981. Mais les cartes ont été redistribuées au début de cette année, depuis que Thomson-Brandt a pris le contrôle de la branche grand public de Telefunken. Une nouvelle alliance stratégique a eu finalement raison des susceptibilités hexagonales. Chacun des trois nouveaux partenaires (JVC, Thorn et Thomson) détient 33 % du capital. Ici, les magnétoscopes sont définitivement assemblés, à partir de pièces montées en partie en Angleterre (à Newhaven, chez Thorn-Emi). Pourquoi ce choix de Berlin, ex-capitale du Ille Reich, aujourd’hui coupée en deux et coincée dans une démocratie populaire ? Parce que la ville de Berlin a peur de mourir. A petit feu. Le chômage a pris des proportions inquiétantes : un Berlinois sur sept est atteint. La jeunesse s’exile. Plus grave, la population vieillit statistiquement. Des personnes âgées, retraitées, vivant jusque là à Berlin-Est obtiennent de finir leurs jours dans le camp occidental. Cette situation pousse les autorités de Berlin-Ouest (où Américains, Anglais et Français sont toujours présents) à séduire les industriels européens notamment. Berlin-Ouest est devenu un paradis d’investissement : les jeunes entreprises bénéficient de prêts à des taux imbattables. Des terrains, voire des bâtiments, sont disponibles ou montés en quelques mois. Mais surtout un système de subventions sans équivalent a été instauré : l’entreprise perçoit, à chaque exercice, un montant équivalent à 4,8 % du chiffre de ses « exporta-fions » vers l’Allemagne fédérale et la CEE. A quelques centaines de mètres de la première usine, une autre s’est élevée, presque adossée au mur de la honte : une unité de fabrication de cassettes vidéo, mise en chantier en novembre 81 par un joint venture (association) entre un gros éditeur allemand, Bertelsmann SA, et le puissant groupe Agfa-Gevaert. L’usine a commencé à tourner en novembre dernier, mais fin août 83, Agfa-Gevaert décidait de racheter les 49 e/o de parts détenues par son partenaire et de devenir ainsi le propriétaire unique de cette firme Becom (Berlin communication) où actuellement sont employées 220 personnes (300 à terme). Montant de l’investissement : 150 millions de francs, couvert, pour 25 %, par les pouvoirs publics. Agfa-Gevaert diversifie ainsi ses capacités de production. Sa principale usine de cassettes demeure à Munich. Le groupe se donne les moyens de se maintenir parmi les leaders de la bande vidéo, en confortant ses 10 % du marché européen. La recette ? L’automatisation, là aussi, avec des machines-outils à commande numérique. Entre le moulage des pièces à partir de granulés synthétiques et la mise sous cellophane de la cassette, les manipulations sont assurées par des robots. Aux employés (60 % de femmes) qui prennent souvent le rang .de techniciens, n’incombe plus le contrôle. Chaque jour 15 000 cassettes sortent de la chaîne qui tourne 24 heures sur 24. L’objectif est d’atteindre 15 millions de cassettes par an. Berlin vit aujourd’hui au rythme ininterrompu des cadences automatisées et strictement aseptisées. Aux côtés du Glies Dreieck, célèbre place, et non loin de l’immense champ de foire où, une année sur deux, se tient le salon de l’électronique Funkaustellung, surgit désormais une autre image, celle des industries du futur, gages de l’Europe de l’Ouest.

Les vitesses

Nous rencontrons, sur la plupart des appareils, les fonctions : arrêt sur image , ralenti (réglage ou non) , accéléré deux ou trois fois la vitesse (sonore ou muet), recherche visuelle avant ou arrière (entre trois ou quinze fois la vitesse normale). La recherche visuelle est très agréable pour sauter un passage inintéressant sur un enregistrement, ou au contraire revenir rapidement sur un point précis d’intérêt, sans effet de « trou-noir » habituellement constaté pendant les avances rapides et rebobinages normaux. L’arrêt sur image est, quant à lui, particulièrement apprécié lorsque le téléphone ayant sonné, on désire se retrouver rapidement au cœur de l’action après avoir raccroché. Sur le magnétoscope V 2000, les recherches visuelles, légèrement moins rapides que celles habituellement rencontrées sur le VHS ou Béta, sont en revanche, exemptes de barres venant couper l’image dans le sens horizontal. De ce fait, un usage prolongé des systèmes de lecture utilisés à des vitesses variables aura pour conséquence d’user un peu plus rapidement vos bandes.

Que font-ils d’autre ?

magnétoscopes2• Certains enregistreurs sont munis d’une entrée directe pour caméra vidéo, ceux qui n’en sont pas dotés devront être raccordés par l’intermédiaire d’un bloc secteur et de l’entrée vidéo. La nécessité, pour le magnétoscope de salon, d’être alimenté à une prise de courant, limitera le champ d’action à la longueur de la caméra.

• Les télécommandes, surtout celles à infrarouge, évitent, tout comme sur un téléviseur, les fastidieux déplacements jusqu’à l’appareil.

• Les systèmes Dolby ou DNL permettront de disposer d’un son de meilleure qualité (moins de souffle), comme sur votre chaîne hifi.

• Le système d’assemblage de séquences consiste à mettre bout à bout deux enregistrements sans avoir de déchirure d’image entre eux. Plus élaboré, le système d’insertion va permettre de mettre une nouvelle séquence au milieu d’un enregistrement sans « scratch » visible.

• Le doublage sonore va permettre de changer la piste tout en conservant l’image précédente. Vous pourrez donner des émotions à vos amis en modifiant les résultats annoncés pour le Loto !

• La prise péritélévision dont sont dotés certains modèles, va permettre un raccordement en lecture, sans passer par l’entrée antenne du téléviseur et assurer une meilleure qualité d’image. Vous allez pouvoir maintenant lire les fiches descriptives des appareils, le prix pratiqué par votre revendeur, les caractéristiques qui vous semblent les plus importantes pour l’usage que vous pensez faire de votre acquisition. La réputation de telle ou telle marque et celle de son service après-vente, ainsi que la disponibilité de l’appareil élu vont finalement vous permettre de concrétiser votre choix. Grâce à ces tableaux vous ne risquez pas de mauvaise surprise.